« Je suis arrivé à Recife avec l’icône du 7ème art sur les épaules. Un tapis rouge chargé d’images, de mémoire et de regards.
Né à Cannes pour révéler ceux qui le traversent, ce revêtement portait déjà des décennies de représentation et de pouvoir symbolique.
Mais ici, devant l’Art Palácio, ancien cinéma marqué par l’histoire et les tensions du XXe siècle, quelque chose résistait.
J’ai compris que le tapis ne pouvait plus rester ce qu’il avait toujours été.
Je ne pouvais plus simplement le dérouler comme une surface destinée à être regardée.
Je ne pouvais plus simplement le dérouler comme une surface destinée à être regardée.
Alors je l’ai déplacé. Ouvert. Libéré. Et c’est là que les corps des Guerreiros do Passo ont commencé à danser.
Le rythme a débordé du cadre. Le protocole s’est effondré.
Pendant quelques instants, ces corps ont redonné vie au tapis rouge, mais aussi au cinéma lui-même.
Ce n’était plus le tapis qui révélait les corps. C’étaient les corps qui révélaient le tapis.
Le symbole s’est inversé. Et tout a recommencé autrement. »