Carmin est le souvenir froissé d’un instant fondateur : celui où un adolescent de dix-sept ans a rêvé d’arrêter le temps.
Face au camion qui emportait le tapis rouge destiné à disparaître, Didier Zakine aurait voulu appuyer sur pause. Suspendre le geste. Suspendre le monde. Sauver cette couleur.
Le drapé rouge, vibrant et vivant, porte encore la révolte silencieuse de cet instant.
En dessous, la matière dorée, griffée et blessée, révèle déjà la valeur que l’artiste percevait dans ce que d’autres considéraient comme insignifiant.
Les plis s’accumulent comme des souvenirs que l’on tente de retenir avant qu’ils ne s’échappent.
Les coulures deviennent les traces du temps qui passe, même lorsque l’on sait qu’il emporte quelque chose d’essentiel.
Les coulures deviennent les traces du temps qui passe, même lorsque l’on sait qu’il emporte quelque chose d’essentiel.
Carmin raconte ainsi la naissance d’un regard : celui qui choisit de voir la beauté dans ce qui est abandonné.
Ce jour-là, le jeune homme n’a pas sauvé l’objet. Mais il a sauvé le geste.
Et de cette impossibilité est née une œuvre, une vision et une fidélité profonde à tout ce qui disparaît.